ROMANTIC DISORDER
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.



 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Deal du moment :
SITRAM Set 3 poêles tous feux dont induction + ...
Voir le deal
20.99 €

Partagez
 

 SPENCER - comme une sorte d'inconsistance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
GABRIEL
GABRIEL
△ au fait, je t'aimais.



SPENCER - comme une sorte d'inconsistance Empty
MessageSujet: SPENCER - comme une sorte d'inconsistance   SPENCER - comme une sorte d'inconsistance Empty20.11.20 13:43


SPENCER CAFFERTY
la présentation


(un) La petite main tremble dans celle de son grand frère. Immobile, l’inépuisable Spencer s’accrochait de toutes ses forces à la paume froide de son aîné, fixant en silence le cercueil qui lentement disparaissait.  Le turbulent et l’intrépide Cafferty semble éteint aujourd’hui. La semaine précédente, il se vantait auprès de ses frères d’être « un grand garçon » mais forcé de constater qu’il n’en était rien. Il ne souhaitait qu’une chose se jeter dans les bras de son frère et pleurer, encore et encore. Il n’était pas certains de tout comprendre mais il savait qu’un drame était arrivé. Il sentait la lourdeur de l’instant. Il voyait bien qu’elle n’était plus là. Maman. Il l’avait cherché partout dans la maison pourtant, il avait appelé et crié mais elle n’était pas là. Enfin plus là. Elle était devant lui, dans cette étrange boite, qui descendait dans la terre. Papa lui avait parlé de l’accident, de ce que ça voulait dire « être mort », que Maman ne s’était pas cachée ni même perdue alors il fallait qu’il arrête de la chercher. Papa avait dit que maintenant il n’était plus que tous les six. Sean et Stephen lui avaient expliqué que c’était un enterrement et qu’il devait se tenir tranquille et simplement tenir la main de l’un d’entre en attendant que cela se termine. Spencer, il ne comprenait pas tout du haut de ses cinq ans, mais il se sentait petit. Il n’était pas d’accord pour que Maman soit dans cette boîte. « Spencer, viens », souffla son frère en tirant son bras. Docile, l’enfant suivit son ainé. « Il faut dire au revoir à Maman », précisa son père lorsqu’ils s’arrêtèrent devant le trou. Incrédule, il fixa l’immense trou qui se trouvait devant lui. « Au revoir Maman » souffla le petit garçon, sentant chaque mot se graver dans son petit coeur.


(deux) Assis sur la petite chaise dans le couloir, les yeux baissés au sol, l’enfant attend. Son œil lui fait mal ainsi que sa main, mais il préfère ne rien dire. Il a dix ans, il ne pleure plus maintenant. La porte à sa gauche s’ouvre et l’ombre du corps massif de son père se profile au-dessus de lui. « Tes affaires Spenc’ ». Rapidement, le jeune garçon se saisit de son sac à dos et suit son père dans le couloir sans un regard pour la directrice de l’école. Le trajet en voiture s’effectue dans un silence pesant. Jefferson ne prononce pas un mot, ne pose pas un regard sur son fils. Arrivé devant la maison, il gare la voiture et se tourne enfin vers le jeune garçon qui baisse la tête. « Explique-moi », dit-il simplement. Spencer relève la tête et plonge son regard dans les prunelles paternelles bleutés si familières, ce qu’il y lit le rassure comme toujours. Jefferson attend simplement une explication, c’est ainsi qu’il a toujours procédé, il lui laisse toujours la possibilité de s’exprimer, de se justifier. Il sait qu’il sera puni pour s’être battu à l’école aujourd’hui, mais son père lui laisse la parole. « Il l’avait mérité. Il a commencé dès le début, il a dit que je ne devais pas participer à l’atelier pour le cadeau de fête des mères. Il a détruit mon cadeau en disant que les mères mortes n’en avaient pas besoin ». Jefferson hoche la tête avec douceur et posa une main tendre sur les cheveux indisciplinés de l’enfant. « Tu ne dois pas frapper les autres enfants Spencer, même s’ils sont stupides et te font de la peine volontairement. Tu seras privé de console durant deux jours. En tout cas, j’ai vu le résultat et joli crochet fiston ». Laissant échappé un petit rire, Jefferson ouvre la porte et descendant du véhicule, son fils sur ses talons.


(trois) Le gâteau devant lui brille de ses quinze bougies, les voix désaccordées des membres de famille chantent de manière désordonnées, la maison est couverte de décoration de Noël, prenant une profonde inspiration Spencer souffle sur les bougies. Une année de plus, songe-t-il tandis que l’ensemble de sa famille applaudit. Son frère lui enserre sa tête dans un bras et lui frotte violemment les cheveux. « Ta maman aurait été très fier de toi » murmure sa tante en le serrant fermement dans ses bras. Spencer ne répond pas, il ne sait que lui répondre. De sa mère, il ne se rappelle presque plus rien. Son souvenir s’efface à mesure que les années passent et la colère gonfle en lui à mesure que les hivers s’effacent eux-aussi. A l’instar de sa fratrie, son cœur est animé d’un manque impossible à combler, l’affection indéfectible de la famille ne suffit pas à masquer la souffrance et l’absence. Spencer il n’a que ses souvenirs flous, ses morceaux de rien du tout. Il regarde des photos qui ne représentent rien pour lui. L’inconsistance est née.


(quatre) La bouteille devant lui est vide. Une de plus. Le jeune homme soupire en portant son dernier verre à sa bouche. Il a dix-sept ans et la rage chevillée au corps. Il traine depuis peu avec une bande du lycée, peu recommandable. Il le sait mais il s’en fiche. Il en a même besoin quelque part. Boire et se battre sont devenus ses deux passe-temps du moment, déclenchant la colère de son paternel. Mais il s’en fiche Spencer, il est à cette phase de sa vie où tout est remis en question, où il ne sait plus qui il est. Depuis toujours, il se voyait flic, l’arme à la hanche, l’insigne sur la poitrine. A défendre la veuve et l’orphelin, protéger et venger les crimes. Spencer il se voyait dans ce rôle, il sentait que sa colère pourrait être canalisée. Oui mais voilà, le doute s’est installé. Est-il réellement fait pour aider les autres ? Lui, qui parvient à peine à prendre soin de lui. Est-il suffisamment doué pour être ce qu’il veut être ? Lui ne parvient même pas à réussir un vulgaire examen de chimie. Perdu, comme un ado peut l’être, entouré d’amis qui n’en sont pas et se foutent royalement de ce qui pourrait lui arriver, le jeune homme s’enlise dans le doute, l’alcool et la colère d’une vie toujours plus difficile à construire. La petite délinquance de Tree Hill, il l’a côtoie, l’a frôle. L’inconsistance grandit.


(cinq) Le corps posé sur l’asphalte, il respire le goudron, il mange la délicate fumée blanche qui s'échappe de son tube empoisonné. Ses dix-huit ans pèsent lourds sur ses frêles épaules, ses muscles sont douloureusement conscients de son imbécilité. La soirée s’est mal passée. Une fois encore. Sa tête tourne et son estomac se contracte dangereusement, un gout de bile acre demeure présent au fond de sa gorge. L’ivresse de la soirée n’a d’égal que la dérouillée qu’il s’est prit. Spencer est sur la mauvaise pente, une descente au enfer, lente et silencieuse. La situation commence à lui échapper, il n’arrive plus à contrôler se qui se passe il le sait. Au loin, le son d’une sirène retentie, un rire amer s’échappe de sa bouche déformée par la douleur qui se transforme en gémissement lorsque ses côtes brisées se rappelle à lui. Son rêve d’uniforme lui parait bien loin tout à coup. Spencer, il a touché le fond ce soir, il le sait. Ivre et plus seul que jamais dans cette ruelle, il surprend une larme silencieuse couler, à son corps défendant, le long de sa joue émaciée. Roulant sur lui-même, il se saisit de son téléphone portable et appui sur la touche rappelle automatique. Ses doigts ne tremblent pas, mais son âme frissonne lorsque les sonneries résonnent au creux de son oreille. « Allo ? » La voix est lourde de sommeil, teintée d’une pointe d’agacement. « Qui est à l’appareil ? » Il prend une inspiration, une seule. « Spenc’ » Un silence vibrant de mouvement se fait entendre, il devine que son frère s'agite dans son lit, l’entends jurer. « Où es-tu ? Qu’est ce qui se passe ? ». Dans un soupire, la supplique s’échappe : « Viens me chercher s’il te plait ».


(six) Hésitant, le jeune Spencer passa une main dans ses cheveux désordonnés. Les voix graves résonnaient derrière la porte close de la cuisine : le brunch du dimanche avait débuté. La soirée de la veille avait été comme un électrochoc. Une révélation. Une mise en lumière de les zones de vide en lui, zones qu’il avait longtemps niées, par orgueil assurément. Frappé par l’ingérence qu’il avait laissée s’étendre dans sa vie et entacher son avenir, Spencer s’était réveillé honteux. Hier, il s’était évanoui dans une ruelle sordide et ce matin il était dans son lit. A croire qu’il ne fallait chuter pour se rappeler qu’il avait un filet de sécurité, qu’il l’avait toujours eu. A croire qu’il avait presque oublié qu’il ne serait jamais seul et ne l’avait été. Anxieux, le presque homme mordilla sa lèvre inférieure, il devait des excuses à sa famille or il n’était pas très doué pour communiquer. De tous, il avait toujours été le plus brouillon, le plus enragé. Il était celui qui avait des brides sans souvenirs de leur mère, celui qui n’hésitait pas régler un problème de ses poings, celui qui attendait avec une impatience inavoué leur match de basket hebdomadaire. La porte s’ouvrir brutalement et failli lui éclater le nez. « Spenc’ ! Qu’est-ce que tu fou ? Tu viens ? Je vais chercher du café ». Le jeune homme se contenta de hocher la tête en regardant sa cousine s’éloigner vers le cœur de la maison. Il poussa à son tour la porte et laissa l’odeur du bacon et des crêpes venir à ses narines en prenant place autour de la tête. Un silence s’installa immédiatement, inconfortable. « Ça va fils ? » Les prunelles bleutées de son père brillaient d’une lueur intense, la question paraissait anodine mais il n’en était rien. On ne mentait pas à la table des Cafferty. Un questionnement aussi direct ne concernait pas uniquement les hématomes qui couvraient son visage mais bel et bien son état d’esprit et sa manière d’agir. Etait-il revenu à la raison ou bien son père devait-il le remettre sur le droit chemin ? « Oui, je vais mieux. » Son père hocha la tête tandis que ses frères ne purent s’empêcher de le charrier sur son visage amoché. Il en serait jamais le fils prodigue, jamais le plus parfait ni le plus docile, mais il ne deviendrait pas quelqu’un qui ne rendrait pas son père fier de lui. Jamais.


(sept) Glynco, Georgie. Il y était. Il avait réussi. Le cœur battant, Spencer regardait le décor autour de lui, le campus sommaire et pourtant bien équipé. Le bruit des rangers sur le bitume semblait battre au rythme de son cœur. Il n’avait jamais eu pour ambition de poursuivre la tradition familiale en s’engageant dans l’armée. L’amour de l’uniforme, il l’avait bien sûr. Mais Spenc’, il voulait être sur le terrain, il voulait être en Amérique. Il avait toujours rêvé d’un insigne. Aussi loin qu’il s’en souvienne. Et il y était. Dans six mois, lorsqu’il franchirait à nouveau les portes en fer forgé il serait officiellement un Marshal. Un aboutissement pour le garçon de vingt ans qu’il était. Tommy Lee Jones n’avait qu’à bien se tenir. Un sourire aux lèvres, le jeune garçon enfonça sa casquette des Hornets de Charlotte et réajusta son sac à dos sur son épaule. Il était prêt à devenir un homme. L’inconsistance se taisait, s’effaçait.


(huit) « Spenc’ ça ne marche pas » Relevant la tête de son burger, le jeune homme fixa la jolie brune qui lui faisait face. Ses yeux étaient humides, tristes aussi. Mais cela faisait des mois qu’elle avait les yeux tristes. Sa petite amie, depuis si longtemps, depuis trop longtemps peut être, soupira. Le jeune homme grimaça il ne savait que dire. Leur relation avait évolué naturellement, comme une fleur qui éclot au soleil, comme une évidence doucereuse. Leur histoire n’avait jamais rien eu d’épique ou de tragique. Ils s’étaient rencontrés grâce à des amis communs, ils avaient partagé la gêne d’un rendez-vous arrangé que ni l’un ni l’autre ne souhaitait vraiment, avaient partagé quelques sourires entendus et mal à l’aise. Ils s’étaient plus sans vraiment y penser, comme on considère l’éventualité d’un bon investissement. Ils s’étaient aimés, par la force des choses, par envie plus que par passion. La raison avait primé sur leur couple ; mais ils étaient beaux. Vraiment beau. Ils avaient été le couple surpris de leur fin d’année au lycée de Tree Hill. Quatre années déjà et autant d’absence. Il était parti en Georgie, il était devenu Marshal, puis il avait enchainé les missions mais toujours il revenait. Vers elle, vers sa famille. Elle était un ancrage. Son ancrage. « Je t’aime Spencer, évident que je t’aime, mais je ne t’aime pas comme l’on doit aimer l’homme avec lequel on veut passer le reste de son existence ». La vérité était là, gorgée d’émotion et de tristesse. Saisissant sa main par-dessus les frites et les burgers trop gars, le jeune homme caressa la paume de son amie. Elle avait raison, il le savait bien. « Je veux que tu sois heureuse tu sais ? ». « Je sais », murmura-t-elle avait un doux sourire en serrant ses doigts. C’était la fin d'une ère.


(neuf) Le temps avait passé, glissant sur lui comme sur les autres. Sa carrière progressait au sein du bureau des Marshals, doucement il s’était fait une solide réputation. Spencer Cafferty, un agent fiable, un peu trop sanguin parfois, trop silencieux assurément. Il avait trente ans et sa vie lui plaisait. Il déroulait les jours de son existence avec une étrange satisfaction de devoir accompli. Puis brusquement, tout avait changé. Elle n’aurait dû être qu’une mission de routine. Un témoin à protéger. Un de plus. Elle était différente. Du haut de ses maigres dix-sept ans, elle s’apprêtait à témoigner contre l’assassin de sa famille. Elle avait tout vu et ses yeux semblaient briller d’une douleur sans fond qui le touchait au plus profond de lui-même. Elle n’était qu’une gamine. Il n’aurait jamais dû ressentir quoique ce soit. Pourtant, elle enflammait ses sens, vrillaient ses nerfs, elle le poussait à bout. Forte de cette rage de vivre tâchée de sang. Six mois passés ensemble, jour et nuit, sans répit. Il aimait une enfant, d’un amour adulte. La colère le consumait, il ne dormait plus la nuit, ne supportait plus son travail. Il n’avait qu’une hâte que le procès arrive enfin. Et enfin il fut libre. Tout comme elle. Elle changerait d’identité. Ce soir-là, elle avait voulu célébrer cela. Leur dernière nuit, la sienne en tant qu’elle en tout cas. Le champagne avait coulé, elle avait ri, elle avait dansé et il s’était émerveillé devant sa beauté. A un moment, il y avait eu un baiser et plus encore. « Nous avons jusqu’à demain », avait-elle murmurée contre ses lèvres, « aime juste un peu ». Le temps d'une nuit l'inconsistance était revenue, l'honneur et le devoir lui avait accordé du répits, il avait cédé à l'impensable. Il s'était senti vivre, il avait épousé le danger, saisit la vie et frisonné face à l'impossible. Le soleil c’était levé et elle s’en était allée, emportée par un autre Marshal, vers une nouvelle vie.


(dix) « Tu es sûr que ça te conviendrait Cafferty ? » Spencer ne put retenir un sourire devant l’air septique de son ancien camarade de classe. Il y avait de quoi surprendre, il le savait. Il était parti de Tree Hill avec des rêves, une soif de briller et de réussir et il avait réussi. Il s’était fait une solide réputation au sein du bureau des Marshals Fédéral. Aujourd’hui, pourtant, il était là, sortant d’un entretien avec le shérif de la ville pour un poste dans sa ville natale. Personne n’était au courant de ce qu’il s’était passé quelques mois plus tôt avec sa libellule, cela aurait à coup sûr ruiné sa carrière. Il se sentait depuis fatigué, perdu. Il avait eu besoin de rentrer chez lui, de prendre de la distance, de préserver ce qu’il avait mit si longtemps à construire. Ses supérieurs au bureau avaient accepté avec réticence sa demande de congé à durée indéterminé, il avait argué que sa famille avait besoin de lui. Son frère avait perdu sa femme, son père se faisait vieillissant alors il s’était engouffré dans le mensonge. Rompant ainsi avec son code de l’honneur, une fois de plus. Il avait besoin de redevenir lui-même. Il avait besoin de retrouver l’honneur de l’insigne qu’il jugeait avoir salit par ses actions et ses sentiments confus. « Certain », approuva-t-il en saisissant l’insigne de policier. Il faisait aujourd’hui parti des forces de l’ordre de Tree Hill : ceux qui lui avaient donné envie, des années plus tôt, d’être ce qu’il avait perdu. Il devait se retrouver.

Revenir en haut Aller en bas
https://gabriel.fra.co
 

SPENCER - comme une sorte d'inconsistance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ROMANTIC DISORDER :: SPENCER CAFFERTY-